La revue en sciences de l'environnement Vertigo vol 6 no 2 septembre 2005

L'AMÉNAGEMENT FORESTIER EN FRANCE : A LA RECHERCHE D'UNE GESTION DURABLE À TRAVERS L'HISTOIRE

BENOIT BOUTEFEU, Doctorant à l'Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines (Lyon), Laboratoire Biogéographie,
courriel: benoitboutefeu@hotmail.com


Résumé : En France, sous l'ancien régime, l'aménagement a été promulgué comme l'outil de référence, définissant les droits mais surtout les interdictions en forêt, planifiant les coupes et les exploitations. Après la révolution de 1789, il devient un instrument de pouvoir d'une administration des Eaux et Forêts puissante qui veut lutter contre les droits d'usage des populations rurales. En utilisant la science et la loi, les forestiers s'opposent aux paysans et déclenchent des révoltes dans les campagnes. Après l'exode rural, les aménagements consacrent dans la seconde moitié du XXème siècle une forêt fonctionnaliste qui doit avant tout produire du bois. Ce n'est qu'à partir des années 1980 que des considérations environnementales sont progressivement prises en compte dans les plans d'aménagement. En revanche, l'intégration des attentes sociales continue de poser problème et constitue l'un des défis majeurs de la foresterie de demain.
Mots-clefs : aménagement, histoire, environnement, sociologie, multifonctionnalité, territoire, France, population rurale, reboisement, forêts publiques, ingénieur, développement durable

Abstract : In France, during the Ancient Regime forest management was considered as a reference in terms of what could or could not be done in this environment, planning the felling or exploited areas. After The French Revolution of 1789, forest development becomes the power tool of a powerful forest and water administrative service which aims at fighting against the rights of users of the rural populations. Relying on science and laws, foresters clash with peasants engendering rebellions in the country. After the rural exodus, forest management during the second half of the XXth century privileges a functional forest which has to produce wood above all. This is only from the 1980s on that environmental considerations are gradually taken into account by the management plans. However, the integration of social expectations is still problematic and is obviously one of the main challenges of tomorrow's forest.
Key words : forest management, history, environment, sociology, forest functions, territory, France, rural population, afforestation, public forests, engineer, sustainable development


Introduction

L'aménagement, reflet de l'histoire de la foresterie

L'aménagement forestier, en tant qu'acte fondamental de la gestion forestière, est au centre de nombreux débats au sein de la communauté scientifique et forestière (Peyron, 1999 ; ECOFOR, 2002). Il n'est pas toujours aisé de définir précisément cette notion, tant les acceptions en sont nombreuses (Arnould Paul, 2002). Toutefois, afin de cadrer notre propos, nous retiendrons la définition large et consensuelle qu'en donne un forestier : " étude et document sur lesquels s'appuie la gestion durable d'une forêt à partir d'analyses du milieu naturel et du contexte économique et social, l'aménagement fixe les objectifs et détermine l'ensemble des interventions souhaitables (coupes, travaux…) pendant une durée de 10 à 25 ans " (Dubourdieu Jean, 1997). L'aménagement peut être considéré comme la cheville ouvrière du forestier, l'outil grâce auquel il définit et applique une politique. C'est par cet acte qu'il détermine les objectifs et les moyens de sa gestion. Ces derniers sont consignés dans un document de référence appelé plan d'aménagement.

L'histoire des aménagements est intimement liée à celle de la foresterie depuis les orientations politiques jusqu'aux pratiques. Cet article propose une analyse historique et critique de la façon dont les aménagements forestiers ont considéré les composantes économiques, environnementales ou sociales de la forêt. La France comme l'Allemagne est un vieux pays de traditions forestières. Ses thèses de sylviculture ont été exportées un peu partout dans le monde, dans ses anciennes colonies comme dans le nouveau monde1 . L'aménagement forestier est le produit et le reflet de ces héritages. Son histoire est intimement liée à la recherche d'une durabilité forestière déterminée par les logiques et les aspirations des décideurs forestiers de chaque époque (Corvol Andrée, 1987). Sans épaisseur historique, il est difficile de comprendre comment les forestiers français abordent les débats actuels sur la gestion durable des forêts. L'ambition de cet article n'est pas de retracer en quelques pages l'histoire de la foresterie en France. Quelques moments précis ont été sélectionnés car ils marquent des ruptures ou des discontinuités. Ces changements d'orientation ont profondément imprégné et marqué la culture forestière française. Ses difficultés actuelles à intégrer les composantes sociales dans les aménagements en sont un exemple marquant qui sera plus particulièrement développé dernière partie.

Dès l'ancien régime, l'aménagement à la recherche d'une soutenabilité de la production forestière

En France comme en Europe, l'aménagement des forêts remonte à presque 500 000 ans, lorsque quelques chasseurs-cueilleurs se lancent à la conquête de nouveaux territoires de chasse en mettant le feu à d'importantes étendues boisées. Ces " paléo aménagements " (Arnould Paul, 2002) constituent les premières modifications anthropiques de la couverture forestière. Au néolithique, les premiers paysans poursuivent l'action de leurs ancêtres de l'âge de pierre en défrichant des surfaces forestières pour y implanter champs, prairies et baraquements en rondin. Avec le développement de proto-industries comme celle de la céramique, les besoins en bois deviennent croissants. Obstacle et rempart à la civilisation (Harrisson Robert, 1992), la forêt est aussi une matrice nourricière pour des populations qui construisent et se chauffent au bois (Deffontaines Pierre, 1969). Bien sûr, à cette époque on ne saurait parler d'aménagement au sens réglementaire et technique où on l'entend aujourd'hui mais on peut en revanche évoquer des stratégies d'exploitation oscillant entre destruction et protection des forêts (Arnould Paul, 2002).

Avec l'antiquité puis le Moyen-Age, la forêt, espace infini et sans maître, devient territoire approprié et circonscrit. Elle ne sert plus qu'à assurer les besoins vitaux des paysans, elle relève aussi d'une logique de privilèges réservés aux seigneurs et au roi. Des règles juridiques définissent des droits d'usages et restreignent peu à peu l'accès aux sylves. Le pâturage, le prélèvement de bois ou de gibier sont limités, le droit de chasse est accordé aux seuls seigneurs et les vilains sont cantonnés à la sylva communis. Il n'existe cependant pas encore de textes ni d'autorité commune, la plupart des usages étant réglementée localement. Il faut attendre 1318 et Philippe V pour assister à la naissance d'une véritable administration des forêts de la couronne avec à sa tête les maîtrises des Eaux et Forêts, chargées de faire respecter les ordonnances du roi. Ces premiers " forestiers publics " assurent avant tout un pouvoir répressif, les considérations techniques sur la gestion des forêts n'étant encore que balbutiantes (Bourgenot Louis, 1987).

En 1346, Philippe VI promulgue une ordonnance dite " de Brunoy " qui réglemente les prérogatives de la nouvelle administration des Eaux et Forêts : il est interdit de " forer " au hasard, les coupes réglées sont généralisées, leur importance et leur emplacement sont planifiés. Ce texte constitue le socle des lois forestières ultérieures et instaure une notion, qui, quelques siècles plus tard fera couler beaucoup d'encre, celle de développement durable (cité par Paul Arnould) : " les maîtres des eaux et forêts enquerront et visiteront toutes les forez et bois et feront les ventes qui y sont, en regard à ce que les dites forez puissent perpétuellement soutenir en bon estat " (Arnould Paul, 2001). Afin de faire respecter la législation adoptée, des tribunaux spéciaux sont créés : les Tables de Marbres. Ce texte, même s'il ne permet pas de stopper la destruction des forêts, est fondamental car il énonce pour la première fois deux principes fondateurs des aménagements forestiers à venir : planification des interventions et rendement soutenable. D'autres lois suivront, notamment sous François 1er, pour réaffirmer ces dispositions.

L'aménagement, telle que l'on entend aujourd'hui, est véritablement consacré par l'ordonnance de Colbert en 1669. A l'époque, le ministre de Louis XIV, qui affirme que " la France périra faute de bois ", veut mettre de l'ordre et rationaliser la gestion forestière pour enrayer la disparition des surfaces boisées. Cette réforme instaure un véritable code forestier, unifiant le droit, définissant des règles de gestion sylvicole à appliquer (un quart de la superficie doit être mis en réserve par exemple). Elle introduit la notion " du bon usage " de la forêt : les pratiques sont sévèrement réglementées, chèvres et moutons sont proscrits dans les forêts royales, nobiliaires et ecclésiastiques. Elle devient un modèle pour toute l'Europe (Devèze Michel, 1966) et elle constitue un tournant. La forêt s'inscrit désormais dans une vision cartésienne du monde : " l'homme devient alors maître et possesseur de la nature " (Larrère Raphaël et Nougarède Olivier, 1993). Elle définit aussi des préceptes techniques et pose comme base, le principe de planification de la gestion forestière sur cent ans. La définition de l'aménagement moderne remonte donc à l'ancien régime où il devient à la fois un règlement d'exploitation et un document fixant les usages et les interdictions en forêt. Il est motivé par la recherche d'une pérennité de la production forestière. Ce souci de durabilité préoccupe également les forestiers germaniques qui échangent et partagent leurs réflexions avec leurs homologues français. A travers le concept de " Nach-haltigkeit", le forestier allemand Von Carlowitz pose par exemple les fondations d'une réflexion théorique sur le concept de durabilité à la même époque que Colbert (Bartenstein Kristin, 2005).

Au XIXème siècle, l'aménagement au service d'un intérêt général édicté par le corps forestier

La révolution de 1789 entraîne des changements importants en matière forestière : le droit de chasse est aboli, les forêts royales sont nationalisées, les détenteurs d'office des Eaux et Forêts deviennent des fonctionnaires. La création de l'Ecole forestière de Nancy en 1824 et la promulgation du code forestier en 1827 marquent la naissance d'une administration, dont les traditions militaires, les prérogatives et les pouvoirs perdureront quasiment inchangés pendant 150 ans. Bien que nouvelle, cette administration des Eaux et Forêts se met en place selon le modèle de l'ancien régime, traduisant ainsi une " réminiscence de la féodalité " (Buttoud Gérard, 1983). Ses officiers vont se structurer en un corps d'Etat puissant, qui, par son idéologie et son influence, va encadrer les politiques rurales du XIXème siècle. L'Ecole forestière de Nancy et ses élèves vont exporter leur modèle un peu partout dans le monde et notamment aux Etats-Unis où Gifford Pinchot, ancien élève de Nancy créera et prendra la tête du service fédéral forestier américain à partir de 19052.

Le code forestier de 1827, pour partie toujours en vigueur en France, donne des armes juridiques nouvelles aux forestiers et renforce leur pouvoir. Selon une logique technocratique, les conservateurs des eaux et forêts définissent eux-même la politique forestière à mener (Badré Michel et Henri Descamps, 2005). Cette dernière prévoit notamment la soumission des bois communaux au régime forestier, la réglementation des coupes et des défrichements même en forêt privée ou encore l'interdiction du pâturage. Fort de cet arsenal juridique, l'administration forestière naissante s'emploie dans la première moitié du XIXème siècle à lutter contre les servitudes et les droits d'usage. Cette politique d'aménagement forestier est contestée car elle se fait contre les besoins des populations rurales qu'elle stigmatise.

La gestion des forêts devient l'affaire des seuls forestiers, qui s'appuient la loi mais aussi la science pour imposer leur vision des choses. C'est en effet à cette époque que la sylviculture devient une discipline scientifique au service de l'aménagement forestier. Elle puise ses racines dans un corpus de connaissances fondé par de grands naturalistes comme Buffon, Olivier de Serres, Réaumur ou Duhamel de Monceau. Pourtant, l'enseignement dispensé à l'Ecole de Nancy au XIXème siècle occultera longtemps l'apport des sciences naturelles pour ne s'attacher qu'à une dimension très techniciste de la sylviculture (Puyo Jean-Yves, 2001). Les sciences sociales sont encore plus absentes du contenu des études de l'Ecole forestière. Selon Jean-Yves Puyo, cet ostracisme scientifique ainsi que le strict respect de la doctrine officielle empêcheront le développement d'un esprit critique chez les officiers des Eaux et Forêts.

Cette " doctrine " empreinte d'autoritarisme militaire (Kalaora Bernard et Poupardin Denis, 1984) repose sur des prescriptions techniques imposées par la force comme la conversation d'une partie de la forêt française en futaie régulière (Degron Robin, 1999). La foresterie moderne et rationnelle doit donc répondre aux besoins nouveaux d'une industrie en pleine expansion : d'une forêt paysanne, on passe à une forêt industrielle (Léonard Jean-Pierre, 1999). L'aménagement entre dans une nouvelle ère, économique. Le développement de techniques sylvicoles ambitieuses comme le reboisement permet d'imaginer des travaux de grande ampleur. C'est au nom du progrès et d'une idéologie hygiéniste totalitaire (Larrère Raphaël, 1985) que les forestiers vont entreprendre d'importants projets de reboisement. Ces derniers s'effectuent une nouvelle fois au détriment des populations rurales. Le Vicomte de Martignac (cité par Degron Robin) dit d'elles en 1826 à la chambre des députés qu'elles " forment pour la propriété publique comme pour la propriété privée, le plus redoutable des dangers et la source la plus féconde de dommages et d'abus " (Degron Robin, 1999). Les désignant comme seuls et uniques responsables des problèmes d'érosion en montagne, les agents des Eaux et Forêts vont initier un véritable culte du reboisement. Bernard Lorentz (cité par Xavier Laverne), premier directeur de l'Ecole de Nancy, s'insurge lors d'une tournée en montagne en 1840 : " Est-il tolérable que des propriétaires de la montagne y introduisent une culture et un mode de jouissance qui portent la désolation dans les vallées ? " (Laverne Xavier et al., 2001). Que ce soit dans les Landes de Gascogne à partir de 1857 sous l'impulsion de l'ingénieur Brémontier ou un peu plus tard sur les pentes de montagne, des travaux de reboisement colossaux sont entrepris par la force. Cette attitude et les expropriations qui en découlent conduisent à des révoltes paysannes, comme " la guerre des demoiselles " dans laquelle des paysans déguisés en femme prennent les armes contre les représentants de l'administration forestière dans les Cévennes (Nougarède Olivier, 1995).

Quelques forestiers vont pourtant s'élever contre ces politiques autoritaires qui nient les conséquences sociales de leurs mises en oeuvre. Ils vont se rallier aux thèses de Frédéric Le Play, ingénieur des Mines, considéré comme l'un des pères fondateurs de la sociologie rurale. Bernard Kalaora et Antoine Savoye ont consacré un ouvrage à ces forestiers dissidents (Kalaora Bernard et Savoye Antoine, 1986). Ces derniers, pour démontrer la complémentarité du reboisement et l'intérêt des populations locales inaugurent ce que l'on appelle aujourd'hui " l'ingénierie sociale ". Reprenant la méthode initiée par Le Play, ses disciples comme Charles de Ribbes vont prouver, à travers des monographies de familles paysannes puis de terroirs, que la forêt ne peut être gérée indépendamment du contexte socio-économique. La misère des montagnes est selon eux due à une mauvaise gestion sociale et économique des sols. Elle n'est donc pas imputable aux bergers eux-mêmes. Des forestiers " le playsiens ", comme Calvet ou Briot, vont allier recherche et pratique en essayant d'installer des associations locales et des coopératives fruitières. Avec eux, émerge une sociologie pratique, proche du local. La forêt est réinscrite dans le territoire et non plus perçue comme une entité à part. Sa gestion doit tenir compte de composantes sociales, elle relève d'une politique d'aménagement du territoire intégrative. Ces approches vont influencer en France Vidal de la Blache et le courant naissant de la géographie humaine.

La scission entre les forestiers dissidents et leur administration sera profonde (Kalaora Bernard et Savoye Antoine, 1986). Deux conceptions de l'intervention de l'Etat s'affrontent. Celle d'un interventionnisme autoritaire, universel justifié par un intérêt général supérieur et celle fondée sur la prise en compte de particularismes régionaux et l'adaptation de mesures aux conditions socio-économiques locales. C'est donc bien la prise en compte de la composante sociale dans l'aménagement forestier qui pose problème. Soutenue par la classe dirigeante de l'époque, la vision officielle l'emportera et le courant " le playsien " s'estompera progressivement. Mais, s'il n'a pas su s'imposer de manière concrète sur le terrain, il a pourtant permis de renouveler la réflexion en sciences humaines, les disciples de Le Play participant à la création de nouveaux champs de recherche comme la sociologie du travail ou la sociologie clinique.

En conclusion, le XIXème siècle consacre une administration forestière puissante, utilisant son savoir technique pour asseoir son autorité et sa légitimité. Elle développe une vision hégémonique et normative de l'aménagement des forêts. Les dimensions sociales de la forêt sont occultées ou niées. La révolution industrielle à l'origine de l'exode rural amorcé dès le milieu du XIXème siècle va, en diminuant la pression des communautés paysannes sur la forêt, favoriser le travail des agents des Eaux et Forêts. On peut ainsi dire que la durabilité sociale est acquise passivement.

Au XXème siècle, l'aménagement à la croisée d'enjeux économiques et environnementaux

Au XXème siècle, le basculement progressif de la forêt vers un modèle économique industriel se poursuit. Il s'accompagne de l'émergence d'un discours et de pratiques productivistes. Les aménagements successifs organisent les massifs boisés comme des espaces de production : des essences à croissance rapide comme les peupliers en provenance de la plaine du Pô sont introduites pour augmenter les rendements (Dupuy Michel, 1997), le territoire est divisé de manière géométrique et rationnelle pour faciliter les travaux d'exploitation, la structuration des peuplements change avec l'application notamment de la conversion en futaie régulière.

Cette politique se heurte pourtant dès le début du XIXème siècle à des contradicteurs d'un genre nouveau : les artistes. Les peintres de l'Ecole de Barbizon, avec à leur tête Théodore Rousseau, s'opposent aux aménagements qui prévoient des enrésinements sur le massif de Fontainebleau. Ils revendiquent un autre regard sur la nature : une conception romantique du poète proche de la nature, en marge d'une société en voie d'urbanisation et d'industrialisation (Fritsch Philippe, 1995). Les contestataires, qui ont su rallier à la leur cause la classe politique, obtiennent gain de cause et les séries artistiques de Fontainebleau dans lesquelles toute coupe est interdite sont créées en 1861. Elles constituent la première mesure de protection de la nature au monde, quelques années avant la prise de semblables dispositions aux Etats-Unis pour préserver les paysages de Yosemite en 1864 et la création du parc national de Yellowstone en 1872. Une nouvelle représentation de la nature dans laquelle les citadins viennent se ressourcer et échapper à l'ambiance urbaine émerge. Cela annonce les prémisses des combats modernes pour la protection d'une nature romantique, vécue comme l'un des derniers bastions sauvages d'une civilisation urbaine et industrielle. De nouvelles pratiques sociales en forêt apparaissent à cette époque. Bernard Kalaora montre que les randonnée pédestre et équestre en forêt de Fontainebleau deviennent dans la seconde moitié du XIXème siècle un des signes distinctifs de la bourgeoisie parisienne (Kalaora Bernard, 1981). La construction du chemin de fer, l'apparition du guide touristique Dénecourt (réédité onze fois) et le succès des peintres impressionnistes de Barbzion favorisent la naissance du tourisme en forêt. Sous la pression de l'élite et de l'intelligentsia parisienne, les forestiers doivent alors intégrer ces nouvelles contraintes dans leurs aménagements en créant des sentiers, en renonçant à exploiter certaines zones forestières ou en limitant l'introduction de pins sylvestres pour ne pas nuire au paysage.

Malgré ce revers, ils ne renoncent pas pour autant à leur ambition productiviste. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la forêt privée est mise à contribution de la politique forestière nationale. Face à la pénurie de bois constatée, le Fond Forestier National est créé en 1946 pour dynamiser la filière forêt-bois. En 1963, la loi Pisani oblige les propriétaires de plus de 25 ha d'un seul tenant à disposer d'un Plan Simple de Gestion (PSG). Des Centres Régionaux de la Propriété Forestière (CRPF) sont mis en œuvre à partir de 1966 pour encourager les propriétaires à aménager leur forêt et à pratiquer une sylviculture dynamique. Les forestiers sortent ainsi du cadre de la sylviculture et de la protection du domaine boisé public pour s'occuper également de l'économie des forêts privées (Gadant Jean, 1987). La vénérable administration des Eaux et Forêts qui assurait une mission régalienne sur toutes les surfaces boisées est démantelée à partir de 1964. La gestion des forêts publiques est confiée à un organisme à la vocation commerciale affichée, l'Office National des Forêts (ONF). Selon son premier directeur, sa création doit permettre de développer " l'obsession du productivisme ". Les créations des CRPF et de l'ONF aboutissent à la mise en aménagement de surfaces forestières considérables. La surface aménagée fait plus que doubler entre 1974 et 2000 (selon " les indicateurs de gestion durable des forêts françaises "). Aujourd'hui, l'essentiel des forêts publiques, qu'elles soient domaniales ou appartenant à des collectivités, bénéficient de plans de gestion agréés (Cf. tableau 1). En revanche, si le taux d'aménagement en forêts privées de plus de 25 ha d'un seul tenant atteint 75,9%, seulement 22,7% de la surface forestière privée est dotée de PSG. En effet, l'extrême morcellement de la forêt privée française (qui représente les trois quarts de la forêt française) constitue un frein puissant à sa gestion.

L'augmentation de la surface forestière sous contrôle s'accompagne d'une intensification des pratiques sylvicoles : les résineux comme les douglass ou les épicéas sont par exemple introduits massivement même en plaine pour accroître les rendements. La gestion forestière bénéficie du progrès des sciences agronomiques : les tables de production permettent de prévoir les rendements à venir, la méthode du groupe de régénération stricte permet d'optimiser la production sur tout l'espace, la mécanisation et l'utilisation de produits phytosanitaires se développent. L'aménagement est devenu une affaire de spécialistes, d'ingénieurs qui mettent leurs compétences au service de la production.

Tableau 1. Répartition des surfaces aménagées selon le statut forestier.
Sources :Lles surfaces forestières sont issues des données de l'Institut Forestier National (IFN) (ressources disponibles en ligne à l'adresse www.ifn.fr). Les pourcentages de surfaces aménagées proviennent du document " Les indicateurs de gestion durable des forêts françaises ", édité par le ministère de l'agriculture et l'IFN en 2000.

Pourtant, à partir des années 70, un décrochage s'amorce. L'environnement entre dans le débat politique et l'Office National des Forêts, en tant que gestionnaire de forêts publiques, devient la cible privilégiée d'attaques. Au sein même des forestiers, certains dénoncent les conséquences environnementales des enrésinements qui appauvriraient les sols et qui entraîneraient une perte de variétés d'espèces végétales et animales (Demesse Nicole et al., 1976). Les écologistes, parce qu'ils vont déployer un argumentaire technique et scientifique, vont réussir à infléchir les positions des techniciens et des ingénieurs forestiers d'Etat (Otto Hans-Jürgen, 1998 ; Rameau Jean-Claude, 1996). Ils prônent l'introduction de nouvelles disciplines comme la phytosociologie ou la pédologie dans l'enseignement des écoles forestières (Lacombe Eric, 1984 ; Puyo Jean-Yves, 1996). Ils diffusent un certains nombres de concepts écologiques (habitat, flux, écotone, biomasse…) aujourd'hui adoptés par la plupart des forestiers. L'aménagement est enseigné comme une synthèse de plus en plus large des différentes compétences techniques, économiques et écologiques à mobiliser par le futur ingénieur. La sylviculture évolue par ailleurs, sous l'impulsion de la forêt privée qui prône de nouveaux modèles dits " proches de la nature " (Carbiener Didier, 1995 ; Duchiron Marie-Stella, 1994 ; Lebreton Philippe, 2002). Les manuels intègrent ces mutations, que ce soit en forêt privée (Marion Jacques, 2004) ou plus tardivement en forêt publique (Dubourdieu Jean, 1997). La recherche d'une durabilité forestière passe ainsi également par l'intégration des exigences environnementales.

Et demain : vers une meilleure intégration des attentes sociales dans les aménagements ?

Aujourd'hui, si la forêt se retrouve au cœur de préoccupations environnementales, elle est aussi à la charnière de nouvelles attentes sociales car elle est perçue comme un " archétype de la nature " (Eizner Nicole, 1995). L'une des plus grandes figures de la foresterie internationale, l'anglais Jack Westoby qui fut pendant plus de vingt ans expert à la FAO (de 1952 à 1974), a sans-doute bien pressenti ces modifications majeures. Il les résumait à travers la formule suivante : " Forestry is not about trees, it's about people " (Westoby Jack, 1989). Les enjeux sociaux sont certes différents selon les contextes géographiques mais ils se posent partout de manière fondamentale, en témoigne le dernier colloque international sur les forêts qui s'est tenu au Canada en 2004 et qui a fait la part belle à ces thématiques (Valeix Jacques et Maître Henry Felix, 2004). L'aménagiste ne peut plus se cantonner à un simple rôle de technicien de la forêt : il gère bien plus qu'une simple ressource en bois. Il doit tenir compte de sensibilités écologiques, territoriales et de plus en plus sociales. La fréquentation des espaces boisés a explosé en trente ans . Quelques chiffres traduisent l'ampleur du phénomène : " la fièvre de la chlorophylle " selon une formule journalistique (Garin Christine, 2004) poussent les Français à effectuer quelques 200 millions de visites en forêt par an (Maresca Bruno, 2001). Même si on assiste à un léger tassement de la fréquentation au niveau national (Dobré Michelle, 2005), l'attrait pour les sylves reste très important. Cet engouement est à relier à des tendances sociologiques lourdes comme l'urbanisation des territoires et l'avènement d'une société du temps libre et des loisirs (Viard Jean, 2002).

Figure 1. La structuration de la " demande sociale " en forêt

Tableau 2. Les dispositions législatives à propos des fonctions sociales en forêt (d'après Lebaron Emmanuel, 2003)

Cette " déferlante " de visiteurs en forêt n'est pas sans poser problème à l'aménagiste. Les surcoûts de gestion peuvent être très important, certaines forêts périurbaines voyant leurs dépenses multipliées par cinq. Elle génère de plus de nouveaux besoins : les attentes ne se limitent pas aux seuls usagers classiques comme les VTTistes ou les riverains, la forêt cristallise aussi les fantasmes d'une nature sauvage idéalisée par une société majoritairement urbaine. Le forestier regroupe ces attentes et ces demandes, plus ou moins diffuses et palpables, sous le vocable de " demande sociale " (Deuffic Philippe, Granet Anne-Marie et Lewis Nathalie, 2004). La juxtaposition ou l'amalgame d'attentes, plus ou moins palpables, exprimées ou inconscientes, portées par des acteurs structurés ou bien diffuses dans une opinion publique versatile ne peut pas être appréhendée comme une entité homogène et cohérente (Cf. figure 1). Le législateur essaie quant à lui de les intégrer au travers de nouvelles dispositions juridiques. Le tableau 2 présente un échantillon des principaux textes législatifs depuis trente ans sur la question. Ils ne font souvent que réaffirmer des grands principes généraux, sans proposer d'outils concrets. Les documents d'aménagement en forêt publique consacrent des rubriques spécifiques aux enjeux sociaux. Mais, bien souvent les études et les propositions ne se réduisent qu'à des bilans d'équipements d'accueil du public et à un effet d'affichage. Le forestier, confronté à l'imaginaire et à l'inconscient collectif véritables ressorts de l'engouement de ces concitoyens pour les sylves (Corvol Andrée, 1987 ; 1995 ; Harrisson Robert, 1992), se trouve désemparé car les outils juridiques et techniques auxquels il est habitué ne lui permettent pas d'évaluer, de quantifier ni de répondre à ces nouveaux enjeux.

Essayant d'aborder l'aménagement forestier de manière plus holistique en y intégrant notamment les dimensions sociales, de nouveaux concepts ont vu le jour comme ceux de " multifonctionnalité ", de " gestion intégrée ", " participative "3 ou encore " durable " (Bredif Hervé et Boudinot Pierre, 2001 ; Bredif Hervé et Ollagnon Henry, 1997 ; Lanly Jean-Paul et al., 2002 ; Rameau Jean-Claude, 1996). A l'image du triptyque du développement durable, ces initiatives ont pour but de concilier ce qu'il est convenu d'appeler les trois grandes vocations de la forêt : économique, écologique et sociale. Si ces concepts peuvent apparaître fédérateurs, ils restent encore flous et ne sont pas toujours opérationnels lors de la définition des aménagements en forêt publique : quel poids donner à chacune de ces fonctions ? Le forestier est-il légitime pour arbitrer ? La gestion concertée suppose de définir des partenaires avec qui discuter : selon quels critères faut-il les sélectionner ? Comment financer les fonctions sociales et environnementales ? Ces questions soulèvent également le problème du territoire, les enjeux sociaux ou écologiques n'intervenant pas nécessairement aux mêmes échelles. Par ailleurs, le grand public n'est souvent pas représenté dans les instances de concertation que l'aménagiste essaie de réunir...

En filigrane, les interrogations sur la prise en compte des attentes sociales amènent à réfléchir sur la pertinence de l'outil aménagement pour définir et appliquer une politique à l'échelle d'un massif. Les coups de projecteurs historiques esquissés dans cet article reflètent une tendance lourde et historique des forestiers à vouloir gérer seuls les forêts selon, leur propre conception de l'intérêt général et parfois en allant jusqu'à nier l'existence d'enjeux sociaux. Certes, les forestiers d'hier ne sont plus ceux d'aujourd'hui mais l'imprégnation culturelle reste forte (Boutefeu Benoît, 2003 ; Boutefeu Benoît et Arnould Paul, 2006). Le plan d'aménagement forestier, prenant de plus en plus la forme d'un catalogue de prescriptions techniques et juridiques pas toujours cohérentes, n'est peut-être plus adapté. De nos jours, aménager une forêt comme une entité à part n'a plus de sens : il est nécessaire de la réinscrire dans un territoire plus large. De nouveaux outils, comme les Chartes Forestières de Territoire promues par la Loi d'Orientation Forestière de 2001, proposent une démarche concertée de projet à l'échelle de territoire plus large que la seule forêt (Riethmuller Thomas, 2004). Ce n'est qu'à ce niveau que l'intégration des fonctions sociales pourra se faire.

Bien entendu, la recherche d'un équilibre entre les fonctions économiques, environnementales et sociales réunies dans une politique d'aménagement forestier durable n'est pas qu'une préoccupation franco-française ou européenne. Dans la foulée du sommet de la terre à Rio en 1992, le Canada a par exemple développé le concept de " forêts modèles "4 censée " être un lieu où les meilleurs pratiques d'aménagement forestier durable sont développées, testées et partagées à travers le pays " (Ressources naturelles Canada, 2003). Une réflexion internationale s'est par ailleurs amorcée sur la réalisation d'aménagement reposant sur la définition de critères et d'indicateurs de gestion durable des forêts (Buttoud Gérard, 2004). Ce souci de la durabilité est comme nous l'avons vu une vieille affaire que l'on ne peut pas aborder sans épaisseur historique. Les illustres ancêtres comme Colbert ou Duhamel du Monceau sont encore une source d'inspiration pour les sylviculteurs français.

Mais si cette histoire riche et mouvementée fait la fierté des forestiers français, sans doute est-elle aussi parfois difficile à porter et à assumer. Sans y renoncer, le forestier devrait peut-être abandonner la posture techniciste et rassurante qu'il s'est forgée au fil des siècles et qui l'empêche aujourd'hui de dialoguer avec les non-initiés. Peut-être faut-il " demander aux ingénieurs forestiers de 'lâcher prise' sur les bases mêmes de leur légitimité : réglementaire, technique, scientifique " (Chauvin Christophe et Piroche Jean-Noël, 2004). Nous rejoignons totalement ces auteurs lorsqu'ils prônent " une forêt un peu moins strictement bornée, un peu plus floue, qui pourra progressivement s'intégrer aux territoires ". L'histoire des aménagements renvoie inévitablement à celle des forestiers et l'on constate qu'ils ont fondé toute leur politique sur une posture de " gardien du temple " (Boutefeu Benoît, 2003), ou " gardien du trésor " (Chauvin Christophe et Piroche Jean-Noël, 2004). Cette position n'est plus tenable aujourd'hui mais il ne faudrait pas pour pourtant jeter trop rapidement l'opprobre sur les forestiers d'aujourd'hui. Les travaux en sciences humaines et sociales dans ce domaine ne peuvent pas se contenter d'émettre des critiques mais doivent aussi proposer des outils au service du gestionnaire. C'est en tout cas notre conception de la recherche. Nous ne faisons que nous inspirer nous aussi de l'histoire forestière et de certains de ses acteurs comme Frédéric Le Play. Nous appelons ainsi de nos vœux une " ingénierie sociale " (Kalaora Bernard, 1995) qui réunirait gestionnaires et chercheurs autour d'interrogations partagées.

Remerciements

L'auteur tient à remercier Paul Arnould pour sa relecture attentive et ses conseils pertinents

Biographie

Benoît Boutefeu est ingénieur des travaux des eaux et forêt. Après avoir travaillé en direction départementale de l'agriculture et de la forêt de Haute-Saône (France), il mène actuellement une thèse sur les fonctions sociales de la forêt. Ce doctorat, financé par l'Office National des Forêts, est conduit sous la direction de Paul Arnould au sein de l'Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines à Lyon.


Référence
  1. Cf. à ce sujet le colloque international forestier " Gérer la forêt des deux côtés de l'Atlantique. Hommage à Gifford Pinchot " qui s'est tenu à Nancy le 7 et 8 mars 2005 (Actes non publiés)
  2. Cf. note 2
  3. Cf. à ce sujet " les journées techniques de l'aménagement : approche participative de la gestion forestière ", colloque organisé à Paris par le GIP ECOFOR et l'ENGREF le 29 et 30 avril 2004 (actes non publiés à ce jour)
  4. Cf. à ce sujet le colloque " Forêts Modèles " qui s'est tenu à Nancy du 9 au 10 mars 2005 (Actes non publiés)

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VertigO no 2, vol 6